Toute l’histoire et le patrimoine de Bourg d’Oisans sont, évidemment, totalement indissociable du milieu naturel qui entoure la commune.

La montagne est partout autour, il suffit de lever les yeux, mais un autre élément a également fortement marqué le paysage et l’histoire de la commune : l’eau. Sous différentes formes.

L’homme, en s’adaptant à ce milieu puissant, magnifique et difficile, a aussi marqué le paysage. Il s’est installé au cœur des montagnes, au creux de la vallée et le long des fougueux cours d’eau.

Un territoire façonné par la nature, comme l’histoire des hommes…


Pour la petite histoire…

Emplacement stratégique, Bourg-d’Oisans s’est développé sur un axe de communication majeur pour traverser les Alpes, et ce depuis l’Antiquité. En effet, depuis Grenoble, l’itinéraire le plus court pour se rendre en Italie emprunte la route de Briançon et passe par le col du Montgenèvre.

Voie Romaine

A voir

Quelques vestiges de la Voie Romaine sont toujours visibles aujourd’hui, notamment à Rochetaillée (hameau de Bourg-d’Oisans), et à Mont-de-Lans avec la porte de Bons. Taillée dans la roche, la route était surélevée…

Cité lacustre

Pourquoi un chemin en hauteur ?
Pourquoi cette vallée est si plate au cœur de montagnes particulièrement abruptes ?
Parce qu’au Moyen-Âge la plaine de Bourg-d’Oisans était recouverte d’un lac… Saint-Laurent-du-Lac, ancien nom du bourg, était alors installé hors d’atteinte de l’eau, autour de l’église actuelle.

La catastrophe de Grenoble

Puis dans la nuit du 14 au 15 septembre 1219, le barrage naturel qui avait permis la création du lac, a cédé… En effet, 28 ans plus tôt, un éboulement terrible avait coupé le cours de la Romanche. Le lac qui se forma, long de 18 km, n’avait jamais été aussi important, noyant une partie du village. La côte atteignit alors 741 m (l’altitude actuelle de la commune est de 720 m).

La vidange brutale du lac a provoqué l’inondation catastrophique de Grenoble avec 5000 victimes. Après plusieurs siècles d’évolution, au gré des caprices de la nature, le lac finit par disparaître totalement au 16ème siècle. La Romanche a ensuite été domptée grâce à la construction de digues.

Le grenier de l’Oisans

La plaine a gagné petit à petit du terrain sur la Romanche, et est drainé selon un quadrillage qui fait l’originalité du bocage d’aujourd’hui. Une fois assainie, l’agriculture se développe et la plaine est alors parsemée de fermes et hameaux, devenant le grenier à blé, puis à foin, de l’Oisans.

Musée des minéraux et de la faune des Alpes

Mais à travers l’histoire d’autres exploitations ont permis aux uissans (habitants de l’Oisans) de gagner leur vie au cœur des montagnes. Et les mines y ont joué un rôle très important. Aujourd’hui seules les ruines du site de Brandes sont visitables, toutes les mines étant fermées et interdites d’accès pour des raisons de sécurité.

A voir

Le musée de Bourg d’Oisans, avec la première collection française de minéraux alpins, témoigne de la richesse minéralogique du territoire. Pour vous donner une idée de la popularité des minéraux extraits, ceux des mines de la Gardette auraient été utilisés pour fabriquer les lustres du château de Versailles.


Patrimoine naturel classé

Un milieu humide remarquable en fond de vallée ou une réserve intégrale en altitude, le territoire de Bourg d’Oisans abrite des trésors naturels…

Le marais de Vieille Morte

Cet espace naturel sensible doit son nom à un ancien bras mort d’un des nombreux méandres de la Romanche, à l’époque où son lit était encore naturel. Il est constitué de boisements humides et de marécages. Plusieurs sources alimentent un réseau de petits chenaux qui favorisent une faune et une flore caractéristiques des milieux humides. On y trouve notamment deux espèces protégées : le sonneur à ventre jaune et le triton alpestre. Le site est également chargé d’histoire avec la présence de différentes ruines, vieilles de plusieurs siècles.

A voir

Un conseil, visitez le marais en été, accompagné des guides-nature du département. Seuls eux pourront vous dévoiler les secrets des sous-bois humides de Vieille Morte…

La réserve intégrale du lac du Lauvitel

Le lac du Lauvitel, très connu pour sa randonnée accessible et son écrin sauvage magnifique, est aussi un lieu scientifique quasi unique.

A voir

Créée en 1995, la réserve intégrale est un espace interdit d’accès afin d’étudier l’évolution de l’écosystème à l’abri de tout action humaine. Elle a été longtemps unique en son genre, et elle est devenue la référence en la matière en France. En 2012, elle a été certifiée en catégorie “1a” : aire protégée gérée à vocation scientifique. Sa gestion est très rigoureuse : autorisation pour toute pénétration, étude sans impact notable sur le milieu naturel, etc…